Pour des soins de santé de qualité
en Ouganda

Financement basé sur la performance des soins de santé
Si l’accès à des soins de santé de qualité abordables et appropriés constitue un droit de la personne, pour bon nombre d’habitants de la planète, ce n’est encore qu’un rêve lointain. Dans la région du West Nile, située au nord-ouest de l’Ouganda, l'accès à des traitements médicaux reste difficile. 

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La situation au nord-ouest de l’Ouganda

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Dans la région du West Nile, située au nord-ouest de l’Ouganda, frontalière de la République démocratique du Congo et du Sud-Soudan, de nombreux réfugiés de ces pays limitrophes, fuyant les conflits ou les situations économiques difficiles, nécessitent des traitements médicaux. Mais la région n’a pas encore complètement surmonté les séquelles du conflit violent qui y a opposé l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony au gouvernement. 

Depuis la signature, en 2006, d’une trêve entre les deux parties, des progrès ont été réalisés dans la lutte contre la pauvreté, mais, selon le rapport ougandais sur l’état de la pauvreté de 2014, le nord de l’Ouganda demeure la plus pauvre du pays. Les prestataires de services de santé s’évertuent à y fournir des soins de qualité à une population souvent démunie. 

La CTB appuie des centres de santé confessionnels, publics et non lucratifs, en vue de leur permettre de prodiguer les meilleurs soins de santé possibles. Dans le souci de favoriser la couverture universelle en santé en Ouganda, elle y introduit un nouveau système de financement basé sur la performance, en d’autres termes, un système axé sur les résultats plutôt que sur les facteurs d’input. Ainsi, les hôpitaux et les centres de santé performants bénéficieront d’un appui financier, assorti d’une plus grande autonomie quant à l’utilisation de celui-ci. Dix-neuf établissements privés à but non lucratif et 14 centres de santé de la région West Nile ont été sélectionnés pour mettre en œuvre le financement basé sur la performance. 

Des soins de santé de qualité, une lutte constante

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Bon nombre d'hôpitaux et de centres de santé sont constamment en proie à un manque de moyens pour garantir leur fonctionnement. Étant donné la grande pauvreté de la population, ils s’efforcent de maintenir des tarifs abordables, mais aussi de prodiguer des soins de qualité. Le défi s’avère particulièrement ardu, vu les sources de revenus limitées. Les patients comptent donc beaucoup sur leur famille, qui leur apporte entre autres des repas.
Des familles cuisinent pour leurs proches malades, à l'hôpital de Nyapea

Inverser la logique

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Traditionnellement, le financement de la santé était axé sur des apports au niveau des salaires, des travaux de construction, des formations et des équipements. Cette approche était censée déboucher sur une amélioration des soins de santé ; or, cela n’a pas toujours été le cas. Le nouveau système de financement inverse la logique et met l’accent sur l’amélioration des performances. Par exemple, « le nombre d’enfants complètement vaccinés » ou « le nombre d’accouchements correctement pris en charge » pourraient figurer parmi les cibles de performance, qui seront vérifiées sur base trimestrielle

En détournant l’attention des facteurs d’input, le financement basé sur la performance vise à améliorer l’efficience et l’efficacité du système de santé et, pour ce faire, il lie l’allocation des ressources financières à l’atteinte de cibles de performance prédéfinies. De la sorte, les prestataires de soins de santé au niveau du district et au niveau local gagnent en autonomie et en pouvoir décisionnel. Les directeurs, les médecins et les infirmiers deviennent responsables de leurs propres performances, ce qui est une grande source de motivation pour satisfaire les patients ; ils peuvent définir leurs propres priorités en fonction des besoins sur place et disposeront de l’autonomie nécessaire au niveau des dépenses pour étayer leurs choix. 

« Avec l’aide financière basée sur les résultats, nous avons pu réduire nos honoraires, ce qui a rendu les soins de santé plus accessibles à la communauté », affirme sœur Martina, sage-femme au centre de santé Saint-Francis III dans la région d’Arua. 
Sœur Martina, sage-femme au centre de santé Saint-Francis III dans la région d’Arua 
Avec l’aide financière basée sur les résultats, nous avons pu réduire nos honoraires, ce qui a rendu les soins de santé plus accessibles à la communauté.
Sœur Martina - sage-femme au centre de santé Saint-Francis III dans la région d’Arua

Pouvoir décisionnel local

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Ce passage d’un système de santé centralisé à un pouvoir décisionnel plus local constitue une réforme importante que la CTB, associée au ministère ougandais de la Santé, aide à mettre en œuvre. 

Ce n’est encore que le début d’un processus certes exigeant, mais aussi passionnant. Deux autres pays d’Afrique de l’Est, à savoir le Rwanda et le Burundi, ont déjà instauré un système de financement basé sur la performance qui se traduit par des résultats prometteurs. Tout comme le gouvernement ougandais, le ministère de la Santé et les partenaires locaux, nous sommes convaincus que le financement basé sur la performance peut réellement changer la donne dans le secteur de la santé en Ouganda. 

Statistiques sur la santé en Ouganda

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EN UN COUP D’ŒIL

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  • La population ougandaise est estimée à 40 millions d’habitants.
  • L'ouganda affiche une croissance démographique rapide avoisinant les 3,3 % annuels en moyenne. 
  • On estime à 1,5 million le nombre de personnes vivant avec le VIH. 
  • On compte un médecin pour 24.725 patients (chiffres de 2013) ; pour sa part, l’OMS recommande un médecin pour 1.000 habitants. 
  • Le financement basé sur les résultats a permis de réduire les tarifs payés par les patients. 
  • Les établissements de santé performants bénéficient d’incitants financiers qu’ils peuvent utiliser pour conserver davantage de personnel médical en lui octroyant des primes financières. 
  • Durée du Programme : 2014 - 2018 
  • Financement : Belgique, Ouganda 
  • Budget : BE : 13 millions d’euros, UG : 0,5 million d’euros 

Photos : © CTB/ Thea Mathues 

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