RÉDUIRE LES INÉGALITÉS EN MATIÈRE DE SANTÉ

Boulkagou, Niger
‘Au Niger, beaucoup de femmes saignent à mort pendant ou après l’accouchement, parce qu’elles ne peuvent pas atteindre les établissements de santé.  L' agence belge de développement travaille donc avec le gouvernement nigérien pour offrir des soins de santé de qualité dans les zones rurales.' 

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soins de qualité pour les zones reculées

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Il est neuf heures du matin et le soleil est déjà haut dans le ciel de Boulkagou, un village à environ 120 kilomètres de Niamey. Dans le centre de santé, un groupe de quarante femmes attend avec impatience l’arrivée de la sage-femme. Les choses ont bien changé à Boulkagou. Il y a quatre mois, ces femmes devaient se rendre à Gothèye à 35 kilomètres pour se faire soigner, faire appel à des agents de santé mobiles circulant à moto dans cette région désertique ou acheter des médicaments vendus dans les rues.

L’ouverture du centre de santé, qui était en mauvais état depuis des années, leur permet enfin d’avoir accès à des soins de santé de qualité. Les locaux ont été entièrement réfectionnés et les conditions de travail se sont nettement améliorées. Mieux encore, le centre de santé de ce village a, en plus des travaux de réhabilitation, été équipé en matériel et a bénéficié d’une moto. « Avant, nous n’avions ni table de consultation, ni lit d’accouchement, ni matériel de consultation prénatale et nourrisson. Et voilà que maintenant, l’agence belge de développement vient de mettre à notre disposition tout ce matériel, » témoigne Issaka Tahirou, infirmier du centre de santé.

En plus du matériel, la petite pharmacie du centre de santé a été dotée en produits pharmaceutiques essentiels. Grâce à ces nouvelles conditions de travail, la fréquentation du centre de santé a augmenté. « Ce dernier trimestre, nous avons enregistré pas moins de 4 004 consultations, » affirme Issaka. « Ces chiffres témoignent de la pertinence d’une telle initiative. »
'Avant, nous n’avions ni table de consultation, ni lit d’accouchement, ni matériel de consultation prénatale et nourrisson. Et voilà que maintenant, l’agence belge de développement vient de mettre à notre disposition 
tout ce matériel.'
Issaka Tahirou - infirmier du centre de santé Boulkagou

organisation pyramidale 

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En effet, des centres de santé équipés dans une zone comme celle de Boulkagou, c’est plus qu’une nécessité. Dans l’organisation pyramidale du système de santé au Niger, les centres de santé constituent la structure de base offerte aux communautés villageoises pour leur procurer les premiers soins médicaux. Ils jouent le rôle de dispensaires et assurent, avec un équipement minimum, les soins de santé primaires : les consultations curatives, la vaccination et le planning familial, la consultation prénatale et l’accouchement. 

Les quinze structures réhabilitées, soutenues et approvisionnées par l’agence belge de développement à travers le projet d’appui au renforcement du système de santé du Niger (PARSS) améliorent donc considérablement l’accès à des soins de qualité pour plus de 90.000 habitants des régions de Maradi, Zinder et Tillabéri, en particulier en termes de protection maternelle et infantile.

la pauvreté et l'impact sur la santé

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“Accoucher au Niger apporte souvent une grande souffrance. J’ai rencontré d’énormes difficultés par le passé et j’ai déjà perdu huit enfants. Lorsque j’ai accouché de mes derniers jumeaux, je me suis rendue ici et, sans l’intervention du docteur, je n’aurais peut-être pas survécu. Sans ce centre de santé, j’aurais dû me rendre à 45 km d’ici pour recevoir les soins dont j’avais besoin. Même en louant la charrette de mon voisin, un tel voyage serait très difficile. Au moins maintenant, nous avons tout sur place et les soins sont de bonne qualité. " (Mariama, 35)

"Boulkagou est situé dans une région pauvre, » explique Issaka, « et la pauvreté est très associée à la santé maternelle. Beaucoup de mères ont des problèmes de reproduction. Nous voyons de nombreuses urgences obstétricales, parce que les femmes vivent tellement loin, et, en cas d’urgence, les entraîner ici relève du défi."


Réduire la mortalité maternelle et néonatale

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“Au Niger, comme dans beaucoup de pays africains, la femme est responsable de sa famille. C’est elle qui s’occupe des enfants, nourrit la famille et veille à ce que la famille soit saine, » nous confirme le docteur Soumana Adamou Hamma, responsable national du projet PARSS." 

"La plupart des Nigériens vivent dans des zones rurales et là, nous ne disposons pas d’installations de santé adéquates, de sorte que les femmes doivent parcourir de très longues distances pour rechercher des services de santé. Et c’est encore pire quand elles sont enceintes. Trop souvent, elles accouchent à la maison, peut-être avec une sage-femme traditionnelle, peut-être avec une belle-mère ou avec une voisine. Donc, quand il y a des complications, elles ne savent pas quoi faire et la femme risque de mourir, » explique-t-il. « Nous mettons l’accent sur la fréquentation et surtout sur les soins aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans. " 
‘Lorsque j’ai accouché de mes derniers jumeaux, je me suis rendue au centre de santé à Boulkagou, sans l’intervention du docteur, je n’aurais peut-être pas survécu.' 
Mariama - 35 ans
La principale cause de mortalité maternelle au Niger est l’hémorragie. "Nous détenons le taux de fécondité le plus élevé au monde avec sept enfants en moyenne par femme. Il est clair que cela entraîne souvent des complications à l’accouchement. Les femmes saignent à mort pendant ou après l’accouchement, parce qu’elles ne peuvent pas atteindre les établissements de santé. Pourtant, accoucher dans un centre médical est fondamental pour la santé de la mère et du nouveau-né," nous confie le Dr Hama. "C’est bien pour cela que nous sommes en partenariat avec le gouvernement nigérien, pour nous assurer que les services de santé peuvent atteindre les mères et les enfants là où ils se trouvent. "

le projet

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Le Projet d’appui au renforcement du système de santé (PARSS) de la Coopération belge appuie les systèmes de santé nigériens à travers des investissements en infrastructures et équipements. Il s’agit notamment de la construction de quatre hôpitaux de district, la transformation de quinze centres de santé et un appui à l’organisation des consultations foraines et mobiles pour atteindre les populations résidant dans des zones reculées.

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