CHANGEMENT CLIMATIQUE AU PÉROU

Les éleveurs andins d'alpagas passent à l'offensive
Le Pérou est un des pays abritant la plus grande biodiversité au monde. Mais c'est aussi le troisième pays le plus vulnérable au changement climatique.

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Ces 35 dernières années, les glaciers y ont fondu de 22 %, ce qui correspond à 7 milliards de m3 d'eau, soit l'équivalent de la consommation d'eau décennale de la capitale Lima. Il est en outre à craindre que, d'ici 2025, les glaciers situés à moins de 5.500 m d'altitude aient complètement disparu.
Dans les hautes Andes en particulier, la raréfaction des réserves d’eau est lourde de conséquences pour les populations, puisqu’elle affecte non seulement leur environnement, mais aussi leur santé et leur niveau de vie.

Le ministère péruvien de l’Environnement a entretemps mis en place, avec l’aide de la Coopération belge, un programme de grande envergure (PRODERN) afin de faire face aux effets du changement climatique. 

DÉGRADATION DES PATURAGES DANS LES ANDES

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Perché à 4.500 m au-dessus du niveau de la mer, le petit village de Pichccahuasi (13°18'20.20 » S - 74°48'47.06 » W), situé dans le district de Pilpichaca (dans le département de Huancavelica, à quelque 250 km au sud de Lima), tire l’essentiel de ses revenus de l’élevage d’alpagas, une des seules activités économiques possibles à cette altitude. Les alpages et les zones humides se prêtent normalement fort bien à cette activité, mais en raison du surpâturage, d’une mauvaise gestion et de la pénurie d’eau, l'espace et les pâturages disponibles ne suffisaient plus, en 2012, que pour un seul alpaga par hectare.

L’assèchement des pâturages a en outre eu pour effet une détérioration de la qualité de la laine et de la viande, qui a plongé plus profondément encore les familles dans la pauvreté. 

Un nouveau modèle de gestion des richesses naturelles

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Pour venir en aide à ces communautés précarisées, le programme PRODERN a réaménagé le territoire dans le cadre d’un processus participatif. Les habitants ont cartographié avec précision leur environnement et identifié les principales zones à problèmes, de même que les meilleures opportunités de développement.

Divers travaux ont ensuite été réalisés : balisage des pâturages asséchés et des terres épuisées, réhabilitation des lagunes asséchées, aménagement de nouvelles lagunes par le recours à des techniques ancestrales de génie civil. Le niveau d’eau a ainsi pu être ramené à des valeurs plus normales.

En collaboration avec les autorités locales de Pilpichaca, de nouveaux systèmes d’irrigation ont également été aménagés, dans le but de réhabiliter les tourbières ravagées où pourront ensuite paître les alpagas.

Grâce à toutes ces mesures, le nombre d’animaux par hectare a de nouveau augmenté, leur santé s’est améliorée et, partant, la qualité de la laine et de la viande s’est rétablie, une amélioration qui, à son tour, se traduit par des revenus accrus pour les éleveurs. 

Protection de l’environnement à l’école

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Dans 16 écoles du district, des serres communautaires ont d’autre part été aménagées en vue de la culture de légumes. Si, à une altitude de 4.000 m, il n’est pas possible de les cultiver en plein air, il n’en demeure pas moins que les légumes frais sont indispensables pour assurer aux enfants un régime alimentaire équilibré. De plus, les serres offrent une opportunité unique pour aborder le thème de la protection de l’environnement pendant les cours.

Un projet pilote réussi

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Les excellents résultats atteints à Pilpichaca ont incité les autorités régionales à déployer ces solutions à plus grande échelle. Elles se sont déclarées disposées à investir des fonds publics dans des projets destinés à aider les populations andines à faire face au changement climatique et à améliorer leur qualité de vie.

En 2014, l’administration communale de Pilpichaca a ainsi consacré plus de 600.000 sols (160.000 euros) à la construction de serres et de hangars ainsi qu’à la réhabilitation de 86 hectares de pâturage, et ce, au bénéfice de 50 familles d’éleveurs. 
Lorsqu’il fait froid, nous rassemblons maintenant les alpagas dans les hangars, afin qu’ils ne succombent pas au vent glacial.
Edith Aroni, présidente de la communauté de Pilpichaca

LE projet en bref

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Développement économique durable et gestion stratégique des richesses naturelles - PRODERN
 

  • Secteur : climat et environnement, agriculture et développement rural
  • Durée: 2012 - 2019
  • Financement: Belgique et Pérou
  • Budget: € 13,064,035
  • Localisation: Apurímac, Ayacucho, Huancavelica, Junín, Pasco

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