Eau & assainissement

Dans beaucoup de pays en développement, l’accès amélioré et régulier à l’eau potable n’est pas assuré pour nombre d’habitants. Le constat est d’autant plus criant en milieu rural.

Approvisionnement en eau potable et assainissement

Même si d'importants progrès ont été réalisés vers l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à l'horizon 2015, d'immenses défis restent à relever : selon le dernier rapport des Nations Unies, en 2012, 11 % au moins de la population mondiale – soit 783 millions de personnes – n'ont toujours pas accès à l'eau potable, et un tiers de celle-ci – soit 2,5 milliards – demeure privé d'installations sanitaires. Les moyennes mondiales masquent d'importantes disparités entre régions et entre pays, ainsi qu'à l'intérieur même des pays. Plus de 40 % des habitants de la planète n'ayant pas accès à l'eau potable vivent en Afrique subsaharienne.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban-Ki Moon, a ainsi déclaré « que la prochaine étape doit consister à cibler ceux qui sont les plus difficiles à atteindre, les plus pauvres et les plus défavorisés. L'Assemblée Générale a reconnu que l'accès à l'eau potable et à l'assainissement était un droit fondamental. Cela signifie que nous devons veiller à ce que chacun y ait accès. »

Ainsi, au-delà de l'horizon 2015 des Objectifs du Millénaire pour le Développement, il faudra déployer des efforts concertés et allouer d'importantes ressources pour atteindre de nouveaux objectifs d'accès universel à l'eau potable et à l'assainissement. À ce titre, il s'avère tout aussi important de se focaliser sur une gestion efficace des infrastructures existantes afin de maintenir les services, que sur la mise en place de nouvelles infrastructures.

La Coopération belge intervient activement depuis plus d'une décennie au Maroc, au Sénégal et au Vietnam, où l'eau et l'assainissement constituent des secteurs prioritaires de la coopération bilatérale. Dans ces trois pays, une approche programme est mise en place à travers un appui au renforcement du cadre institutionnel, la réalisation d'infrastructures et le développement des capacités des acteurs. De plus, l'approche transversale privilégie, selon les priorités nationales, une approche de gestion intégrée des ressources en eau conciliant les changements climatiques et l'environnement, l'agriculture, la planification urbaine et l'approvisionnement en eau potable et l'assainissement.

Par ailleurs, plus d'un million de personnes en situation précaire sont aujourd'hui desservies de façon durable par des réseaux de proximité en Tanzanie, en RDC et au Rwanda. Ces réseaux mis en œuvre par la CTB et ses partenaires sur financement belge et tiers (UE, DFID et AFD) constituent un modèle reproductible pour un passage à l'échelle de la desserte en eau des populations vivant dans les zones périurbaines densifiées d'Afrique subsaharienne.

En milieu rural, les projets d'hydraulique mis en œuvre par la CTB au Niger et au Mozambique alimentent en eau potable les populations villageoises à partir de puits et forages équipés de pompes à motricité humaine ou de petits systèmes d'exhaure.

Dans tous les projets, la CTB porte une attention particulière à la garantie de la qualité et la durabilité du service de l'eau en veillant

  • à la robustesse de la conception technique des installations,
  • à la bonne gouvernance dans la planification et la gestion des infrastructures,
  • aux conditions de financement de l'exploitation et de la maintenance des installations par le tarif de vente.

Gestion intégrée des Ressources en Eau (GIRE)

La Gestion intégrée des Ressources en Eau (GIRE) est un processus qui encourage la mise en valeur et la gestion coordonnée de l'eau, des terres et des ressources associées en vue de maximiser le bien-être économique et social qui en résulte d'une manière équitable, sans compromettre la durabilité d'écosystèmes vitaux (Partenariat Mondial de l'Eau, 2000).

Le bassin versant est le territoire pertinent pour la GIRE, indépendamment des frontières nationales ou administratives traversées. La GIRE favorise l'émergence d'institutions assurant le dialogue et l'arbitrage indispensable entre acteurs de la gestion de l'eau et du territoire du bassin. Elle s'appuie sur des outils techniques (réseaux de mesures, banques de données) indispensables à la connaissance de la ressource et sur des outils d'aide à la décision, notamment pour la planification des actions à mener sur le bassin.

Pour les pays partenaires de la Coopération belge, la mise en œuvre des principes de la GIRE repose sur les avancées récentes qui incluent la politique de l'eau, la législation et la réglementation.

Dans ce cadre, la CTB intervient auprès des partenaires principalement en appui au renforcement des rôles institutionnels et à la mise en place d'instruments de gestion :

  • Vietnam :
    • appui auprès du Ministère de l'Environnement pour le développement d'une stratégie nationale de GIRE, et la mise en application dans 7 provinces pilotes ;
    • développement des capacités d'adaptation aux changements climatiques par la planification urbaine et la gestion de l'eau dans les provinces de Ninh Thuan, Binh Thuan et Ha Tinh.
  • Sénégal : renforcement du cadre institutionnel et des dispositions en matière d'amélioration et de suivi de la qualité de l'eau.
  • Maroc : appui à la mise en place du système d'information de suivi des ressources en eau de trois agences de bassins hydrographiques du Souss-Massa-Drâa, du Loukkos et de Moulouya.
  • Algérie : support à l'élaboration d'un plan de gestion des ressources en eau du bassin hydrographique côtier algérois.