Eau & assainissement

Dans beaucoup de pays en développement, l’accès amélioré et régulier à l’eau potable n’est pas assuré pour nombre d’habitants. Le constat est d’autant plus criant en milieu rural.

Dans les pays en développement, le taux d’accès à l’eau potable avoisine 76% pour la population rurale et 94% pour la population urbaine. Les disparités sont encore plus accentuées en matière d’assainissement. Ainsi, seuls 39% des habitants des zones rurales ont accès à des dispositifs améliorés d’assainissement contre 71% des citadins. L’Afrique subsaharienne est la région qui a le moins progressé, avec un accès à l’eau de 58% et à l’assainissement de 31%.

Les conséquences sont significatives, puisque l’accès à l’eau et aux services d’assainissement reste étroitement lié à la lutte contre la pauvreté et la qualité de vie en général. Ainsi, l’accès à l’eau et à l’assainissement a un impact énorme sur la qualité de vie en réduisant les risques de maladies. Quant à l’accès à l’eau, il réduit la charge de travail, surtout pour les femmes et les enfants, ceux-ci devant souvent aller chercher l’eau.

D’ici à 2015, la communauté internationale s’est engagée à réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas d’accès à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base (7e OMD).

Approvisionnement en eau et assainissement de petite taille

Dans la Coopération belge, l'eau et l'assainissement portent sur l'approvisionnement en eau (potable), les réseaux d'égouttage et le traitement des eaux usées, la construction de toilettes, la gestion des déchets, le dragage, la gestion intégrale de l'eau, la sensibilisation en matière d'hygiène, la formation des acteurs du secteur et l'appui institutionnel.

La Coopération belge dispose d’une longue expérience dans le domaine de l’hydraulique, notamment au Maroc et au Sénégal, où elle est active dans ce secteur depuis des décennies. L’appui belge se concentre surtout sur le milieu rural et la périphérie des villes à caractère « semi-urbain » ou « semi-rural ».

Les interventions de la CTB sont majoritairement financées par la Belgique, mais d'autres donateurs font eux aussi appel à la CTB pour l'exécution de projets hydrauliques. Exemples : les programmes hydrauliques au Rwanda, en RD du Congo et en Tanzanie sont cofinancés par la Belgique et EuropeAid (ACP-EU Water Facility). Le programme en RD du Congo bénéficie par ailleurs d'un financement de DFID et de l'AFD.

Principal défi

Pour améliorer l’accès à l’eau potable, le principal défi des interventions consiste à assurer la pérennisation du service de l’eau. Alors que l’installation des équipements est relativement simple, assurer le service à long terme reste délicat, en particulier en milieu rural et périurbain, où l’organisation des services de base est plus difficile et souvent plus coûteuse.

Pour assurer la pérennité du service, une organisation optimale de tous les acteurs concernés est essentielle. On prévoit généralement des composantes importantes de formation des gestionnaires des points d’eau. En même temps, il faut que les solutions soient adaptées aux besoins et capacités des usagers – hommes et femmes – et que les usagers soient sensibilisés à respecter les bonnes pratiques d’hygiène et à payer pour accéder à l’eau potable. La recherche continue de solutions techniques adaptées au contexte, en combinaison avec le côté humain, le renforcement des capacités, le dialogue institutionnel et la protection de l’environnement, font que l’approvisionnement en eau potable est un secteur complexe et en évolution continue. Et qui va donc beaucoup plus loin que l’installation de forages et de tuyaux.
 

Études de cas

BTC Rwanda

Un meilleur environnement grâce à l’amélioration de l’assainissement

La Belgique et la Commission européenne cofinancent un programme d’adduction d’eau potable et d’assainissement dans la Province du Sud du Rwanda, qui vise à réhabiliter des réseaux obsolètes d’approvisionnement en eau. Dans le cadre de ce programme, plus de 1.000 latrines écologiques seront construites dans 80 écoles pour plus de 70.000 élèves.


CTB sénégal

Actrices incontournables dans le secteur de l’eau

Quand on parle de l’eau au Sénégal, on parle des Associations des Usagers des Forages (ASUFOR), les instances de décision les plus importantes. En milieu rural, les ASUFOR gèrent la production et la distribution de l’eau, ainsi que l’entretien des installations et équipements. Les femmes, principaux usagers d’eau, pèsent néanmoins faiblement sur ces organes de décision. La parole est à Ami Colle Mbodj, présidente de l’ASUFOR de Ouadiour, Fatick.


Teka Maji, entreprise communautaire d’eau potable à Dar es Salaam

Dar es Salaam est une des villes d’Afrique dont la croissance est la plus rapide. Cependant, les infrastructures sanitaires et l’adduction d’eau ne suivent pas. Le projet ‘Community Water Supply and Sanitation’, financé par la Tanzanie, la Belgique et l’Union européenne, construit des points d’eau et des équipements sanitaires dans les bidonvilles.


Léocadie Sognon

Bien plus qu'un simple pont…

Léocadie Sognon et Eugène Koukou sont voisins. Ils vivent dans la ville de Natitingou, au nord du Bénin, dans un quartier enclavé par une rivière. Auparavant, ce quartier n’était relié au reste de la ville que par un pont piétonnier. En période de crue, il était trop dangereux de l’emprunter ; impossible pour les habitants de sortir du quartier et d’accéder aux infrastructures et services de Natitingou (marchés, écoles, commerces, hôpital, mairie…).


Et l’eau coule à Kampala

À 40 ans, Hajati Aisha Kyakuwa est mère de 5 enfants. Elle habite le quartier de Katwe, un des bidonvilles de Kampala, la capitale ougandaise. Les bidonvilles sont en butte à de nombreux problèmes, un des principaux étant les inondations qui succèdent fréquemment aux fortes pluies.


prepaid water

De l'eau prépayée ? Volontiers !

Le Kampala Integrated Environmental Planning and Management Project (KIEMP) vise l'amélioration des conditions de vie des habitants des bidonvilles de Kampala. L'accès à une eau propre abordable est un aspect primordial à cet égard. La solution, développée par une autre organisation de développement et adoptée par le projet, est géniale par sa simplicité : elle se résume à l'installation de compteurs d'eau prépayés.


LUD'ECO

Lud'eco, l'amélioration des pratiques d'hygiène et de gestion de l'environnement par le jeu

LUD'ECO ! est un nouvel outil pour sensibiliser et impulser des actions afin de protéger l'environnement et les écosystèmes de la région mais également d'améliorer les pratiques d'hygiène des jeunes et indirectement, de leurs proches… LUD'ECO ! sera distribué à partir du mois de janvier 2011 dans la zone d'intervention du projet et sur les autres plans d'eau du Sud-Bénin.


Pavage et assainissement à Bujumbura

Depuis le pavage de leurs rues, les habitants de deux quartiers centraux de la capitale burundaise sont témoins et acteurs d’une transformation nette tant de leur cadre de vie que de leur qualité de vie.


Assainissement Kinshasa

Ceux qui connaissent Kinshasa, savent que celle qui fut appelée « Kin la belle » a atteint un niveau de saleté digne de son triste surnom de « Kin la poubelle. » Néanmoins, il est impressionnant de constater que depuis quelque temps, les services publics essayent de nettoyer cette ville et de lui redonner une certaine décence.


Un égout à ciel ouvert devient une zone verte

Il faut permettre aux gens d’améliorer eux-mêmes leurs conditions de vie, c’est la meilleure garantie de succès à long terme. Au Vietnam, cela semble bien se concrétiser.