Décentralisation
Une lutte efficace contre la pauvreté passe par une bonne structuration et un fonctionnement convenable des pouvoirs publics d'un pays.
La décentralisation au sens large du terme vise le partage des pouvoirs de décisions et des responsabilités dans l'optique de garantir de bons services publics. Les décisions prises par l'administration locale sont plus proches de la population, tout en l'impliquant dans la prise de décisions. Partant, il est possible de mieux tenir compte de ses besoins.
Les autorités locales ne sont cependant pas en mesure d'apporter une réponse à tous les défis à relever. C'est la raison pour laquelle un pouvoir centralisé demeure bien entendu nécessaire. La décentralisation détermine par conséquent le partage de compétences le plus approprié entre les différents niveaux (pouvoir centralisé, administrations et instances locales) ainsi que le mode de collaboration de tous ces pouvoirs.
Le cadre diffère d'un pays à l'autre. Parfois, les pouvoirs locaux se voient conférer la compétence et les moyens financiers pour, dans les limites de leur territoire, prendre et exécuter des décisions. Il s'agit là de la dévolution qui s'accompagne, la plupart du temps, d'une décentralisation politique.
Dans d'autres cas, le pouvoir central va détacher des personnes ou des organisations au niveau local pour exécuter des décisions, sous la tutelle du pouvoir central. C'est ce que l'on appelle la déconcentration.
Décentralisation et réduction de la pauvreté
Une organisation à l'échelon local des services prestés par l'État permet de rapprocher ces services de la population, ce qui facilite l'accès aux services. Il s'agit à la fois de services administratifs (l'état civil, par exemple) que de services sociaux et économiques (gestion d'école, promotion du développement local ou régional).
Les services publics décentralisés peuvent prendre des décisions qui sont plus en harmonie avec le contexte local. Elles sont en mesure de répondre plus vite et plus facilement aux besoins locaux, ce qui a parfois un effet d'économie, attendu que les personnes peuvent directement voir à quoi sont affectés leurs impôts.
La décentralisation représente donc un instrument particulier pour lutter contre la pauvreté et atteindre les objectifs du millénaire. Lorsque les pouvoirs locaux ont été démocratiquement élus, une voix est par ailleurs accordée à la population qui a la possibilité de s'exprimer sur son destin et développement propres. Dans cette logique démocratique, la décentralisation représente un but en soi, mais aussi un moyen de développer un pays.
Défis
La décentralisation revient donc à repartager les compétences. Voilà qui est plus vite dit que fait. Ce processus s'accompagne souvent d'une quête difficile de rapports de forces équilibrés. Les autorités locales disposent parfois de moyens insuffisants pour pouvoir exercer leurs compétences, parfois, elles ne disposent pas des connaissances et aptitudes requises. Dans d'autres cas, les projets du pouvoir central et ceux des pouvoirs locaux ne sont pas harmonisés. Parfois, le lien direct avec la lutte contre la pauvreté est plutôt faible.
La décentralisation est un processus lent qui nécessite un engagement de longue haleine dans le chef de toutes autorités concernées et de leurs partenaires.
Décentralisation dans les pays partenaires
Bon nombre des pays partenaires de la Belgique ont entamé le processus de répartition adéquate des compétences à chaque niveau. La Coopération belge les soutient dans cette démarche. La CTB apporte un appui et un encadrement aux pouvoirs centraux et locaux afin que ces derniers puissent mieux exécuter leurs tâches de manière harmonieuse en relation avec les autres autorités. Plusieurs aspects entrent en ligne de compte à cet égard, à savoir : l'élaboration d'un cadre institutionnel cohérent, le renforcement des capacités des acteurs, l'élaboration de projets de développement locaux, l'organisation de la fiscalité locale, la mise à disposition de budgets d'investissement…
Outre l'appui aux processus spécifiques de décentralisation, la CTB doit en tenir compte dans chaque intervention. Les programmes dans le domaine des soins de santé, de l'enseignement, de l'agriculture et du développement rural collaborent eux aussi fréquemment avec des organisations et organes locaux au renforcement de leurs capacités.



