Économie sociale et solidaire

Par économie sociale et solidaire on entend les activités économiques productrices de biens ou de services, exercées par des sociétés, principalement coopératives et/ou à finalité sociale, des associations, des mutuelles ou des fondations.

L'éthique de ses activités se traduit par les principes suivants :

  • finalité de service à la collectivité ou aux membres, plutôt que finalité de profit ;
  • autonomie de gestion ;
  • gestion démocratique et participative ;
  • primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des revenus.

D'une manière ou d'une autre, ces activités ont en commun :

  • d'assurer conjointement et explicitement l'articulation entre viabilité économique et utilité sociale;
  • de produire des biens et des services qui mettent activement à contribution des collectivités et/ou des réseaux sociaux de base qui favorisent la participation des hommes et des femmes ;
  • de constituer, à l'échelle locale, régionale et nationale mais aussi internationale, des réseaux de type associatif ou communautaire organisés sur des bases de concertation et de coopération;
  • de contribuer à faire émerger de nouvelles régulations économiques et sociales, c'est-à-dire des modes collectifs et démocratiques de gestion des entreprises et du développement.

Depuis son émergence en plein cœur de la révolution industrielle au XIXème siècle, cette économie est là pour nous rappeler qu'une économie « désencastrée » du social est facteur d'inégalités et d'injustices croissantes.

Le contexte actuel exige que l'on s'interroge sur le modèle de développement basé sur une croyance absolue dans les vertus du marché et la concurrence tous azimuts. L'Organisation Internationale du Travail (OIT) reconnaît que 'des entreprises productives, rentables et durables, conjointement avec une économie sociale solide et un secteur public viable, sont indispensables à un développement économique et à des possibilités d'emploi durables* .'

Consécration pour ce secteur, puisque 2012 a été proclamée année internationale des coopératives par les Nations unies 'en hommage à la contribution de ces organisations à la réduction de la pauvreté, la création d'emplois et l'intégration sociale.'

Sa prise en compte à la CTB : le cas de l'agriculture

L'économie sociale et solidaire se retrouve à des degrés divers au sein des trois types d'interventions dans le secteur de l'agriculture et de la sécurité alimentaire : l'appui institutionnel aux Ministères en charge de l'agriculture et du développement rural, le développement économique local et le soutien aux filières agricoles.

Un exemple : les interventions centrées sur l'appui aux filières sont de plus en plus nombreuses (horticulture et semences au Rwanda, lait au Vietnam, lama, fruits et bois en Bolivie, blé au Mali...). Elles intègrent l'économie sociale et solidaire de deux manières : par la participation des organisations paysannes et par la mise en œuvre d'instruments de financement.

Au niveau des organisations paysannes, il s'agit de corriger les « défauts de marché », caractéristiques de la plupart des économies paysannes dans lesquelles travaille la CTB. Au niveau des outils de financement, il s'agit principalement d'un choix en faveur des coopératives et des mutuelles.

* Déclaration de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) sur la justice sociale pour une mondialisation équitable, adoptée lors de la Conférence Internationale du Travail de juin 2008

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