Des manuels scolaires dans un territoire oublié de la RDC

Dans le cadre des objectifs du millénaire et afin de relever le niveau de l’enseignement primaire congolais, la CTB a fourni à la RDC des manuels scolaires de français et de mathématiques pour les classes de 3e et 4e années primaires. Au total, sept millions de livres ont été distribués dans plus de 31.000 écoles.

En vue de superviser la distribution des manuels ainsi que la formation des enseignants à l’utilisation de ces manuels, des équipes CTB ont été envoyées à Bongandanga, dans la province de l’Equateur.

Dans un état de délabrement très avancé, les écoles de Bongandanga sont, pour la plupart, construites en briques adobe, sans pavement et dépourvus de bancs. Une planche de bois usée et décolorée sert de tableau. Les élèves étudient à même le sol. Les enseignants, très mal rémunérés, reflètent l’image de la pauvreté et de la fatigue dans l’exercice de ce « noble » métier.

Ici, les manuels scolaires et matériels didactiques sont un luxe. Les enseignants utilisent de vieux manuels qui datent de l’époque coloniale ou leurs anciennes notes. Habitués à lire au tableau et pas dans les livres, les élèves découvrent le caractère imprimé au test national de fin d’étude primaire voire à l’Examen d’Etat qui couronne la fin des études secondaires.

Forêt et rivière, obstacles naturels

Sur le plan de l’administration scolaire, Bongandanga est composé de deux sous-divisions de l’enseignement, éloignées de 135 km et séparées par une grande étendue de forêt et la rivière Lopori. Outre cela, Bongandanga est dépourvu de voies de transports et de communications.

L’arrivée des manuels à destination a été un véritable casse-tête et a pris plus de temps que prévu à cause de ces obstacles. « Je me suis arrangé avec mes collaborateurs, nous avons pris une pirogue et organisé péniblement la traversée des manuels. Sur l’autre rive, nous avions des motos mais à certains endroits, il fallait continuer à pied car, même la moto n’y arrive pas… », a confié le Chef de la Sous-division. Ce dernier n’a pas attendu longtemps pour distribuer les manuels aux écoles. Car, affirme-t-il, « La sous-division ne possède pas un espace sûr d’entreposage des manuels ».

Sans locaux sûrs pouvant abriter les manuels dans leurs écoles, les responsables d’écoles ont à leur tour gardé les manuels dans leurs maisons. Selon eux, il ne s’agit pas seulement des mesures de sécurité contre les voleurs mais aussi contre les intempéries et les insectes.

A l’arrivée des superviseurs de la CTB, l’utilisation des manuels dans les écoles de Bongandanga n’était pas encore effective. « Nous attendions avant tout la formation des enseignants», ont affirmé les plusieurs directeurs. Le jour de la formation, c’était un engouement sans pareil car les salles étaient bondées de monde avide de comprendre la matière dispensée pendant deux jours. Les enseignants et directeurs ont remercié la CTB d’avoir pensé à leur territoire souvent oublié dans pareilles circonstances.
 

Travailler pour la CTB