Formation par l'INAMI de professionnels de la santé au Sénégal

Au Sénégal, chaque jour, 5 femmes décèdent des suites d’une grossesse ou d’un accouchement. Chaque année, 75 enfants de moins de 5 ans sur 1000 naissances décèdent par manque de soins de santé. Ce dernier chiffre est 18 fois plus élevé qu’en Belgique. Et pourtant il a déjà diminué de plus de la moitié en 20 ans.

L’évolution des taux de mortalité et de morbidité montre les efforts réalisés au niveau de l’offre et de l’accès aux soins de santé. Cependant, ils ne sont pas encore suffisants. Seul 20% de la population est couverte par une assurance maladie. C’est dans ce contexte qu’émerge la « mutualité » au sein du secteur de la santé, depuis la fin des années 80.

Au Sénégal, seul 20% de la population est couverte par une assurance maladie.

Couverture accrue de l’assurance maladie

Le Gouvernement du Sénégal travaille afin de voir, d’ici 2015, au moins 50% de sa population couverte par une assurance maladie. Un des principaux axes d’action est la mutualisation du risque maladie de manière décentralisée. Selon les analyses, seules les organisations mutualistes disposent d’un potentiel important pour l’extension de la couverture maladie aux acteurs du secteur informel et rural. D’où l’option prise par le gouvernement de développer les mutuelles de santé, en vue d’étendre la protection du risque maladie à l’ensemble de la population.

Cependant, même si les mutuelles de santé constituent une alternative crédible, leur viabilité n’en est pas moins incertaine. L’affiliation à une mutuelle de santé n’est pas obligatoire mais libre et volontaire. De plus, elle est compromise par l’absence de professionnalisation de leur gestion. Souvent, cette dernière est assurée par des personnes bénévoles n’ayant pas toujours les compétences ou les outils nécessaires à la pratique de ce type d’activité. De ce manque de viabilité découlent plusieurs problèmes : le faible taux de couverture par des mutuelles (6% de la population) ; le faible taux de recouvrement des cotisations ; le manque de cohésion entre l’offre de soins et les besoins réels.

Formation par l’INAMI

C’est dans ce cadre que le Programme d’Appui au Développement de la Micro-Assurance Santé au Sénégal (PAMAS), en collaboration avec le Ministère de la Santé et de la Prévention, améliore l’accessibilité financière des soins de santé et de la protection sociale des ménages dans 4 régions du Bassin arachidier (Fatick, Kaolack, Kaffrine et Diourbel).

Un des axes de son action : la formation des acteurs du Ministère de la Santé et de la Prévention et des autres organismes impliqués dans le développement de la protection sociale.

En décembre 2011, c’est la Plateforme de Coopération (COOPAMI) de l’INAMI, l’Institut national [belge] d'assurance maladie-invalidité, qui a assuré le travail de formation de 16 représentants des institutions de santé.

Afin de renforcer l’impact de la formation, ils ont été choisis en fonction des régions dans lesquelles ils travaillent (zone d’intervention de la CTB au Sénégal).

Les participants ont donc pu aiguiser leurs connaissances en matière de financement de la santé, en revoir les concepts, en explorer certains systèmes et proposer des améliorations pour le système sénégalais. Propositions qu’ils seront chargés ensuite d’envoyer au niveau de leurs institutions respectives afin d’influencer les politiques nationales grâce au système « bottom up ». Le plan national annuel du secteur de la santé est élaboré en prenant en compte les propositions de chaque niveau d’intervention : des districts sanitaires (présents dans plusieurs villes et villages de chaque région) au niveau national en passant par les régions médicales. Les unions Régionales des mutuelles de santé ont également un rôle important à jouer dans l’extension de la couverture sanitaire. Les mutuelles de santé sont des organisations très présentes au Sénégal et doivent être renforcées pour devenir autonomes et efficaces. Elles sont l’outil idéal pour toucher le plus grand nombre.

Au vu des résultats encourageants et pour un plus grand impact, la formation sera reproduite en 2012 pour 20 nouveaux participants.