À propos des droits des femmes, de l’énergie et de l’environnement
À l’occasion de la journée internationale de la femme (le 8 mars) nous vous emmenons au Niger, ou les femmes sont en moyenne occupées plus de 15 heures par jour à des tâches domestiques comme la corvée du bois. L’utilisation du foyer amélioré réduit de 50% l’utilisation de bois et de 20% les tâches des femmes.
Le projet d’Augmentation des Revenus Monétaires des Femmes de Dosso, une région du sud-ouest du Niger, a pour objectif de réduire la pauvreté des femmes. Pour y parvenir, il est nécessaire d’alléger leurs tâches quotidiennes liées au ménage. Ces occupations domestiques leur prennent énormément de temps, près de 15 heures par jour !
Parmi ces tâches : la récolte de bois. Tant en termes de prix que de proximité, l’accès au bois devient de plus en plus difficile. Les femmes mesurent facilement cette évolution par la pénibilité croissante du portage du bois car il faut aller le chercher de plus en plus loin. Cette tâche est souvent assumée par les jeunes filles, ce qui les prive en conséquence d’une scolarité régulière.
Dans la région de Dosso (comme ailleurs au Niger et en Afrique), ces contraintes ne permettent donc pas ou peu de développer des activités génératrices de revenus.
Un foyer comme solution
Partant de ces constats, une des solutions pour alléger la corvée des femmes est la promotion des foyers améliorés. Traditionnellement, les femmes ont recours au foyer à trois pierres pour cuire leurs aliments. Ces pierres sont posées par terre, elles encadrent les flammes et soutiennent la casserole. Le feu expose les ménagères à une fumée très nocive pour la santé. De plus, le temps de cuisson est relativement long.
Le foyer amélioré « albarka » a été présenté en guise de solution. Il couvre le feu d’une coupole de terre à la manière d’un four, conserve la chaleur
et réduit les émissions de fumée. Il réduit de plus de moitié le temps de cuisson et améliore l’hygiène de préparation. Il permet aussi de cuire avec deux fois moins de bois une même quantité d'aliments. Sa construction nécessite très peu de moyens et est d’une technicité simple. Il constitue un outil que les femmes peuvent s’approprier facilement après une brève formation technique.
Près de 1.000 femmes ont déjà été formées. D’après le suivi de terrain, quasi 100% des femmes formées appliquent les acquis de leur nouveau savoir et les restituent à d’autres femmes. À ce jour, 20.000 ménages utilisent des foyers améliorés suite à l’action de formation du projet dans la région de Dosso.
Le succès est donc au rendez-vous et cela se traduit par une pression démographique moindre sur l’environnement. Les principaux arguments en faveur de l’adoption de cette technique étaient initialement loin de préoccupations environnementales directes. Pourtant, l’expérience de diffusion des foyers améliorés de Dosso montre que de petites actions, basées sur des technologies simples, peuvent conduire non seulement sur la voie de l’autonomie socioéconomique des plus pauvres, mais peuvent aussi prévenir et limiter la dégradation environnementale. Contribuer activement
à la lutte contre la déforestation et à la maîtrise énergétique est donc possible sans nécessairement recourir à des technologies complexes.