Un égout à ciel ouvert devient une zone verte

Il faut permettre aux gens d’améliorer eux-mêmes leurs conditions de vie, c’est la meilleure garantie de succès à long terme. Au Vietnam, cela semble bien se concrétiser.

Lien Huong et Phan Ri Cua sont deux petites villes côtières voisines dans la province Binh Thuan dans le sud du Vietnam. Près de 70.000 personnes y vivent, majoritairement du commerce, de la pêche et de l’agriculture. Ces deux villes attirent beaucoup d’agriculteurs de l’intérieur du pays voulant échapper à la pauvreté et à la sécheresse. Ces immigrés cherchent un logement dans les quartiers surpeuplés des pêcheurs, dans des petites maisons délabrées sans eau courante, sans toilettes et sans égouts, dans des ruelles non asphaltées et salles. Les habitants ne sont pas conscients des dangers liés aux conditions d’hygiène dans lesquelles ils vivent, et cela freine le développement social et économique de la région.

L’eau courante: 20 fois moins chère

En collaboration avec les autorités locales, la CTB veut s’attaquer à ces problèmes et améliorer les conditions de vie des habitants. En vue d’arriver à une solution intégrale, on travaille sur différents niveaux à la fois.

Le projet belgo-vietnamien investit dans l’approvisionnement en eau potable et l’évacuation des eaux (les égouts). Au total, 38 km de ruelles des quartiers pauvres sont asphaltés et équipés d’un réseau d’égouts. Les autorités améliorent leurs services grâce à un meilleur ramassage des ordures, et finalement, la population est sensibilisée à prendre soin de son environnement par toute une série d’activités sociales.

À Lien Huong, un ruisseau traverse la ville. Celui-ci recueille les eaux usagées du marché et des environs. Les riverains utilisent le ruisseau comme canal d’évacuation pour leurs déchets ménagers . Le projet belgo-vietnamien a réaménagé le ruisseau et a installé un égout en sous-sol. Les habitants peuvent maintenant jeter leurs déchets dans des containers, qui sont vidés tous les jours. Les eaux usagées et les déchets ménagers sont donc dorénavant séparés. Le ruisseau ne traverse plus la ville comme un trait d’insalubrité et de puanteur. Au-dessus des égouts scellés, on a aménagé un sentier de promenade et une piste cyclable bordés d’arbres. Un poumon vert dans la ville, où les enfants peuvent aussi s’amuser en sécurité.

À Phan Ri Cua le projet construit un nouveau château d’eau et installe un nouveau système d’alimentation en eau potable. Ainsi, les habitants ne doivent plus faire appel à des vendeurs d’eau qui demandent jusqu’à 20 fois le prix normal pour un litre d’eau.

Le projet offre un crédit à 1800 familles pauvres, afin qu’elles puissent se payer le raccordement aux canalisations d’eau et puissent installer des toilettes et une douche. Ces crédits sont gérés par des organisations de femmes. Dès que les premiers crédits seront remboursés, l’argent sera réutilisé pour d’autres améliorations sanitaires.

Le projet belgo-vietnamien investit également dans du matériel pour le ramassage des déchets ménagers. Grâce à une meilleure organisation des services municipaux et grâce au fait que les ruelles sont maintenant asphaltées, les déchets sont enfin ramassés devant les maisons. Une décharge est aménagée en dehors de la ville et les déchets y sont traités de manière écologique. Deux décharges illégales existantes sont fermées et nettoyées et des arbres seront plantés sur les terres ainsi récupérées.

Un avenir rentable

Le projet, qui a débuté à la mi-2006, est bien porté par tous les groupes cibles concernés. Les autorités locales, leur personnel, des organisations de femmes, des écoles et des mouvements de jeunesse appuient les diverses initiatives.

Ce qui était par le passé un égout à ciel ouvert est aujourd’hui un chemin de promenade dans une zone verte au cœur de la ville. Les maisons sont plus accessibles et grâce aux programmes de crédits les gens contribuent eux-mêmes à améliorer leur vie.

Le projet se poursuivra jusque fin 2010. D’ici là, la compagnie municipale chargée de l’approvisionnement en eau, des égouts et du traitement des ordures doit être devenue une entité économique rentable, offrant des services efficaces.

Travailler pour la CTB