Responsabiliser les agriculteurs pour une transformation durable de l’agriculture au Rwanda

La Farmer Field school (FFS) est un processus d’apprentissage en groupe largement utilisé par les acteurs du développement afin de promouvoir la gestion antiparasitaire intégrée (IPM - integrated pest management). Introduit en Indonésie par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture en 1989, le FFS a été utilisé intégralement pour la première fois au Rwanda en 2009 en tant qu’approche d’élargissement de l’agriculture afin de promouvoir l’utilisation de technologies IPM.

‘Je suis maintenant en mesure de produire assez pour ma famille, de vendre une autre partie pour acheter des produits de première nécessité, de payer ma cotisation à l’assurance médicale communautaire et de nourrir mes enfants,’ dit Nyirabapagasi Veneranda, mère de 4 enfants, veuve et membre de l’association Ituze, dans le nord rural du Rwanda. L’association Ituze est l’un des groupes d’agriculteurs dont les membres ont reçu une formation à travers les Farmer Field Schools.

L’approche Farmer Field School (FFS) dans l’agriculture permet aux agriculteurs formés de faire l’expérience et de découvrir par eux-mêmes la différence entre les pratiques traditionnelles et améliorées, ce qui facilite l’adoption des nouvelles techniques.

Mme Nyirabapagasi ainsi que 23 autres femmes (sur 32 membres) ont participé pendant toute une saison à des formations intensives (de la plantation à la récolte). ‘C’est comme une classe normale. La différence est que le professeur est la semence et le tableau est le champ où nous nous entraînons,’ raconte Sindahwera Elkana, 46 ans, après avoir reçu son certificat à la fin de sa formation de quatre mois.

Cette approche participative permet aux fermiers de faire connaissance avec des techniques de préparation des champs, de sélection de semence, de culture alternée et de diagnostic et de maîtrise des maladies et des parasites.

En 2007, le gouvernement rwandais a adopté un ‘programma d’intensification des cultures‘ (Crop intensification programme) qui a pour objectif d’augmenter la productivité agricole dans des cultures alimentaires à haut potentiel et de garantir la sécurité et l’autosuffisance alimentaires. En outre, afin de mieux utiliser les terres arables, le gouvernement a adopté une politique de consolidation des terres en vue de fusionner des petites parcelles de terres familiales afin d’augmenter la production. La promotion de techniques agricoles modernes et un meilleur accès aux investissements sont quelques-uns de ses avantages.

Il ne fait aucun doute que le FFS contribue à la transformation agricole au Rwanda.

L’administration agricole considère les agriculteurs formés comme des modèles à suivre. ‘Certains de ceux qui ont reçu une formation sont des membres du comité d’intensification des cultures et nous faisons appel à eux lors de nos campagnes. Les fermiers sont maintenant sensibles à nos programmes, parce qu’ils s’identifient à leurs pairs,’ nous confie Jean-Pierre Munyambaraga, agronome dans le secteur de Muko.

La transformation agricole rwandaise incite les fermiers à pratiquer une agriculture axée sur le marché. Les fermiers sont donc amenés à utiliser des engrais et des pesticides, parfois de manière abusive. Ils investissent beaucoup d’argent dans des pesticides qui contribuent à la dégradation de l’environnement et comportent un risqué de toxicité. La formation FFS met l’accent sur une utilisation restreinte et efficace des pesticides.

‘Dans l’un de nos champs familiaux, nous avions l’habitude de planter 100 kg de pommes de terre et de pulvériser des pesticides 19 fois pour ne récolter que 400 kg. Mais la saison dernière, grâce aux connaissances que ma femme a acquises à la formation, nous avons planté les mêmes quantités mais nous n’avons vaporisé que trios fois pour récolter finalement 1000 kg,’ raconte Munyaburanga Janvier qui a récemment accompagné sa femme à sa remise de diplôme.

Les résidents du secteur de Muko commencent à se tourner vers ces nouveaux experts de proximité pour leur demander conseil. Les diplômés du FFS sont actuellement en train de créer une Coopérative pour la multiplication et la dissémination de semences améliorées pour tenter de répondre à la demande croissante des autres fermiers.

L’ensemble des formations d’agriculteurs à travers le FFS est coordonné sous le Projet d’appui à la gestion antiparasitaire intégrée (Support project for Integrated Pest Management). Le projet contribue à l’augmentation de la production agricole et à la protection de l’environnement en mettant en place une gestion antiparasitaire intégrée pour les cultures prioritaires au Rwanda. Les cultures prioritaires sélectionnées comprennent les pommes de terre, le maïs, les bananes, le manioc, les tomates et les fruits de la passion.

Le projet forme des facilitateurs et co-faciliteurs qui, à leur tour, forment des fermiers dans des coopératives et des associations dans différentes parties du pays.

 

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