Quand broderie rime avec durabilité

Elile Torres García est une Péruvienne dynamique originaire des hautes terres d'Ayacucho. Elle dirige, depuis vingt ans déjà, une maroquinerie artisanale répondant au nom de Sumaq Qara (« beau cuir » en quechua). L'entreprise forme les femmes locales au traitement du cuir et à la broderie, afin de leur offrir ainsi de meilleures perspectives d'avenir.

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À l'origine, Sumaq Qara était une initiative familiale à petite échelle qui transmettait les techniques de maroquinerie de génération à génération. Il lui manquait toutefois les connaissances et les opportunités pour commercialiser les produits finis et diversifier l'offre en recourant à d'autres techniques telles que la broderie.

D'emblée, la production a été associée à une perspective sociale. Les femmes qui travaillent pour Sumaq Qara sont souvent victimes de violences familiales et sexuelles. À Ayacucho, 60 % des femmes sont brutalisées par leur partenaire et 1 femme sur 3 est victime de violences sexuelles.

Dans une première phase, 15 organisations similaires à Sumaq Qara ont bénéficié d'une formation du Programme belgo-péruvien de lutte contre la violence familiale et sexuelle (PILVFS). Cette première phase visait une amélioration des revenus des femmes par le renforcement de leurs compétences techniques et productives et le développement de leurs capacités commerciales. Elle entendait, d'autre part, s'attaquer aussi aux racines de la violence domestique et protéger les femmes, à travers, entre autres, la création et l'encadrement de groupes d'entraide.

Grâce à ce coup de pouce, Sumaq Qara a pu se développer. D'organisation de base constituée d'une vingtaine de femmes, elle est devenue une entreprise d'exportation couronnée de succès employant 400 femmes. Et Sumaq Qara continue sur sa lancée. Avec ses deux soeurs, Elile Torres se rend dans les communautés défavorisées d'Ayacucho pour y dispenser des formations à d'autres femmes, qui sont ensuite embauchées par Sumaq Qara.

Des organisations telles que Sumaq Qara offrent à de nombreuses familles une échappatoire à la pauvreté. Plus de 60 % des habitants d'Ayacucho vivent encore dans la pauvreté, avec un revenu inférieur à 2 dollars US par jour . Sumaq Qara renforce la place de la femme, lui donne la force et les moyens de devenir autonome et dope, par la même occasion, sa confiance en soi. ‘ Mais Sumaq Qara symbolise bien plus encore : c'est un tissu social d'entraide pour les femmes d'Ayacucho et leurs familles.

Faits et chiffres

  • Le Programme intégral de lutte contre la violence familiale et sexuelle Ayacucho (PILVFS) est cofinancé par le Pérou et la Belgique et. La mise en oeuvre en a été confiée à l'Agence belge de développement, en collaboration avec le ministère péruvien de la Femme et du Développement social.
  • Dans une première phase (2004-2008), plus de 1.500 femmes ont bénéficié d'une des formations destinées à les sortir de la pauvreté et dispensées par 15 organisations en tous genres (broderie, élevage de cochons d’Inde, culture d'herbes diverses, etc.).
  • Dans la seconde phase en cours (2008-2012), le projet offre une assistance au niveau politique, afin de garantir la capacité des services concernés à prévenir et à lutter contre la violence familiale. Près de 10.000 personnes sont impliquées dans cette phase (ministères, forces de police, enseignants, centres de santé, services de prévention et d'accueil...).
  • Budget : 1.965.000 €

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