Un meilleur environnement grâce à l’amélioration de l’assainissement

La Belgique et la Commission européenne cofinancent un programme d’adduction d’eau potable et d’assainissement dans la Province du Sud du Rwanda, qui vise à réhabiliter des réseaux obsolètes d’approvisionnement en eau. Dans le cadre de ce programme, plus de 1.000 latrines écologiques seront construites dans 80 écoles pour plus de 70.000 élèves.

Runyinya est un village typique du sud du Rwanda. Forte des 1.000 élèves (et plus) du village qui s’y rendent chaque jour, son école primaire grouille de vie. Dans les classes, des filles et des garçons, dans leurs uniformes et chaussures soignés bleus marine et kaki, s’appliquent à apprendre leurs leçons, encadrés par des professeurs dévoués, tandis que d’autres sont en train de sauter et de courir dans la cour de récréation.

Le poids des années

Construite à la fin des années 1950, l’école a récemment été repeinte et réparée afin d’atténuer le poids des ans et les cicatrices laissées par le temps. Il n’y a pas de détritus jonchant le sol.

L’installation de latrines écologiques a donné un coup de fouet à l’assainissement de l’environnement scolaire. En 2009, la CTB a aidé le Ministère rwandais de l’Infrastructure à mettre en place des latrines dans certaines écoles en vue d’y promouvoir des installations sanitaires appropriées et d’y améliorer les conditions de santé et d’environnement.

L’utilisation de ces latrines constituait un solide défi à relever en termes de changement de mentalité tant des élèves que des professeurs. « Certains d’entre nous n’étaient pas habitués à ce genre de latrines. Il a d’abord fallu nous sensibiliser au concept de latrines écologiques avant que nous puissions l’expliquer aux enfants » nous confie Félicitée Mukagahima, directrice de l’école primaire de Runyinya.

Contrairement aux latrines à fosse traditionnelles, les toilettes écologiques séparent l’urine des matières fécales, chacune d’elles étant acheminée dans des compartiments distincts. Afin d’éviter la décomposition, la puanteur et les mouches, les matières fécales sont régulièrement recouvertes de cendres de sorte à faciliter leur solidification. « Dans le passé, la puanteur et les mouches envahissaient l’école, a fortiori lorsque les latrines se remplissaient. Dans ces conditions, il était difficile d’enseigner l’hygiène aux enfants » poursuit la directrice. Les latrines sont chacune équipées d’un système de lavage des mains destiné aux utilisateurs des toilettes.

Latrines écologiques : bien plus que de l’assainissement

Félicitée Mukagahima se montre enthousiaste par rapport aux avantages offerts par les latrines à sec. Ces dernières permettent, en effet, d’améliorer considérablement l’hygiène et l’assainissement, tout en constituant une opportunité originale d’améliorer les revenus de l’école. En effet, ces latrines sont chacune équipées de deux compartiments distincts, l’un recueillant les déjections solides et l’autre l’urine. Lorsque le compartiment destiné aux déjections solides est rempli, les matières fécales sont étalées dans des zones de séchage préparées à cette fin. Quant aux compartiments contenant l’urine, ils sont équipés de conteneurs recueillant l’urine. Les matières fécales et l’urine sont ensuite toutes deux utilisées comme engrais dans les jardins de l’école.

Sensibilisation

« L’an dernier, l’utilisation d’urine dans une parcelle de pommes de terre nous a permis de doubler notre récolte par rapport à la parcelle sur laquelle nous avions utilisé le compost traditionnel » nous confirme Mme Mukagahima. Le projet a sensibilisé les professeurs ainsi que d’autres travailleurs aux méthodes d’utilisation, en toute sécurité, de ces engrais.

« Quelques voisins de l’école sont venus nous questionner à propos de l’utilisation de ces engrais. Les déchets ne sont dorénavant plus considérés comme de simples ordures, mais plutôt comme un intrant agricole permettant d’améliorer les récoltes. Les mentalités sont en train de changer » conclut la directrice avec confiance.

Faits et statistiques 

  • Le Programme d’adduction d’Eau Potable et d’Assainissement dans la Province du Sud (PEPAPS : 2007 - 2013) est cofinancé par la Belgique, la Commission européenne et le Rwanda. Il totalise un budget de 23,5 millions d'euros.
  • Ce programme a pour objectif la réhabilitation des réseaux obsolètes d’approvisionnement en eau ainsi que la pose de nouveaux dans les régions non approvisionnées (plus de 500 km au total). Quelque 300.000 habitants des zones rurales de la Province du Sud auront ainsi dorénavant accès à une source d’eau potable située dans les 500 m de leur domicile.
  • Plus de 1.000 latrines écologiques seront construites dans 80 écoles pour plus de 70.000 élèves. 
  • Le programme s’est associé à d’autres acteurs dans un projet pilote de latrines écologiques destinées aux ménages dans des zones rurales et visant quelque 250 familles parmi les groupes les plus vulnérables (seniors, parents isolés, etc.). Dans le cadre de ce projet, seule l’urine sera recueillie pour servir d’engrais.
  • Le programme mène, à travers des émissions radio et des pièces de théâtre jouées dans des communautés et des écoles, des campagnes d’information et d’éducation consacrées à une utilisation correcte des ressources hydriques et à l’hygiène.

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