Bien plus qu'un simple pont…
Léocadie Sognon et Eugène Koukou sont voisins. Ils vivent dans la ville de Natitingou, au nord du Bénin, dans un quartier enclavé par une rivière. Auparavant, ce quartier n’était relié au reste de la ville que par un pont piétonnier. En période de crue, il était trop dangereux de l’emprunter ; impossible pour les habitants de sortir du quartier et d’accéder aux infrastructures et services de Natitingou (marchés, écoles, commerces, hôpital, mairie…).
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En 2010, un nouveau pont a été construit dans le cadre du plan de développement communal. Natitingou est, en effet, une des 25 communes béninoises qui sont soutenues par la Coopération belge pour la mise en oeuvre de leur plan de développement. Le nouveau pont fait partie des quelque 300 travaux d’infrastructure planifiés dans ce cadre, comme autant de maisons communales, sites de stockage, marchés, écoles, éclairages publics, routes, etc. En plus d’une aide financière et matérielle, les communes et leur personnel reçoivent également un appui non matériel (conseils, formations) pour être en mesure d’offrir un service plus efficace à leurs citoyens.
Pour Léocadie, Eugène et leurs voisins, le pont représente un monde de différence. Pendant la saison des pluies, Eugène n’est plus bloqué pour aller vendre son maïs au marché du centre. "Non seulement je ne vendais pas mes récoltes, mais avec l'humidité et le manque d'espaces de stockage, je voyais s'évaporer tout le fruit de mon travail. En plus, ce pont raccourcit les distances avec les autres localités, ce qui me permet d'être présent sur deux marchés au lieu d'un seul. Ce qui fait entrer de l'argent supplémentaire."
La réalisation du pont concorde avec l'augmentation de la population du quartier. A présent, la voie est praticable et les matériaux de construction sont facilement acheminés par camion. La Mairie est également en mesure d'électrifier la zone et d'y tracer les routes.
Mais pour les familles, le plus important est que la scolarité de leurs enfants n’est plus ébranlée par la saison des pluies (6 mois par an). "Avant, les enfants voyaient leur année scolaire perturbée lorsque la rivière était en crue. Aujourd'hui, la traversée est facile et les enfants vont à l'école en toute saison. Combien d'enfants ne sont-ils pas morts par noyade en tentant de regagner l'autre rive à la nage? Avec ce pont, l'avenir et la sécurité de nos enfants sont garantis."
Enfin, comme le soulignent Léocadie et Eugène, il est désormais plus aisé de se rendre dans le centre de santé et les évacuations d'urgence notamment en cas d’accouchement difficile sont possibles, qu'il pleuve ou non.
Faits et chiffres
- Programme d’appui à la mise en œuvre des plans de développement communaux des départements de l’Atacora, de la Donga, du Mono et du Couffo
- Durée : 2008-2012
- Financé par le Bénin et la Belgique (11,4 millions d’euros).
- Le programme soutient 25 communes, totalisant près de 2.000.000 d’habitants.
- Fin 2010, 61 bureaux d'arrondissement, 61 hangars et boutiques, 99 salles de classes, 8 maisons de jeunes ont, entre autres, été réalisés.
- L’enregistrement des naissances a augmenté de 20% depuis l’installation du nouveau bureau d’arrondissement de Djotto.
- La construction de trois classes dans le village de Missiaffo a amélioré le taux de scolarisation des enfants de la localité (entre 15% et 20%).
- Le projet a entamé le recensement de tous les enfants de 0 à 12 ans des 25 communes afin de les doter de pièces d'identité.



