Actrices incontournables dans le secteur de l’eau
Quand on parle de l’eau au Sénégal, on parle des Associations des Usagers des Forages (ASUFOR), les instances de décision les plus importantes. En milieu rural, les ASUFOR gèrent la production et la distribution de l’eau, ainsi que l’entretien des installations et équipements. Les femmes, principaux usagers d’eau, pèsent néanmoins faiblement sur ces organes de décision. La parole est à Ami Colle Mbodj, présidente de l’ASUFOR de Ouadiour, Fatick.
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Même dans les ASUFOR où les femmes sont assez nombreuses, elles occupent rarement des positions clés comme présidente ou trésorière. Sur la totalité de 400 ASUFOR dans les 4 régions d’intervention (Kaolack, Fatick, Kaffrine et Diourbel), il n’y a que 19 femmes présidentes. La sous-représentation des femmes au sein des ASUFOR est souvent liée aux différentes contraintes socioculturelles, surtout là où il y a une forte influence religieuse, et aux facteurs pratiques, comme la corvée de l’eau pour la femme, qui font qu’elles ont trop de travail pour assister aux réunions. Parfois, elles ne sont pas suffisamment informées quant au renouvellement des instances et ne peuvent donc pas présenter leur candidature.
Plaidoyer
À travers son Programme d’Eau Potable et d’Assainissement dans le Bassin Arachidier , la CTB essaie de susciter une réelle application des textes statutaires des ASUFOR, qui définissent les quotas par rapport à la représentation des femmes. Alors que les comités directeurs des ASUFOR devraient être constitués de 50% de femmes, les chiffres de juin 2011 pour la région de Diourbel, par exemple, n’affichent qu’une moyenne de 35%.
Le genre est une thématique chère au Programme d’Eau Potable et d’Assainissement de la CTB. En collaboration avec l’Association pour la Promotion de la Femme Sénégalaise (APROFES), une ONG qui travaille sur la thématique du genre, une charte a été élaborée en tant que plaidoyer destiné aux ASUFOR, aux communautés rurales, aux services régionaux et aux ministères concernés. Cette initiative a pour but un meilleur respect des textes statutaires et, par la suite, une responsabilisation équitable des hommes et des femmes. Cette Charte clarifiera non seulement les textes déjà existants mais proposera aussi des améliorations, tout en tenant compte des réalités du terrain.
Malgré l’augmentation du nombre de femmes au sein des ASUFOR, force est de constater qu’aujourd’hui, même les quotas, qui ne sont qu’une étape progressive vers la parité, ne sont pas toujours respectés lors du renouvellement des instances. L’objectif final du programme est d’arriver à la parité hommes - femmes, comme stipulée dans la constitution sénégalaise, au niveau des ASUFOR et des Conseils Ruraux en général.



