Accès durable à l’eau productive

Au Sénégal, plus de 70% de la population tire ses revenus d'activités agricoles. L'autonomie financière des producteurs de fruits, de légumes ou de céréales ainsi que celle des pêcheurs et bergers est, comme partout, très dépendante du climat. La rareté des pluies provoque des poches de sécheresse dans certaines zones. Ce manque d'eau pose de gros problèmes pour l'irrigation des champs maraîchers, l'abreuvement des animaux d'élevage, la pêche, etc. S'ajoute, à ce contexte difficile, des pratiques agricoles souvent inappropriées, comme l'utilisation excessive d'engrais chimiques qui appauvrit les sols. Ces différents aspects influent fortement sur la production agricole et la vie quotidienne des populations.

Accès à l'eau, une necessité pour accroître la production agricole

Face à ces défis, le Ministère de l'Agriculture et de l'Equipement rural – en partenariat avec la CTB – mènent depuis juin 2011, un projet en vue d'améliorer la production agricole par un accès durable à l'eau productive dans 5 régions (Diourbel, Fatick, Kafrine, Kaolack et Thiès).

Piliers centraux de cette démarche : les communes, les organisations de producteurs, les services déconcentrés de l'Etat et la société civile. Ce sont eux qui sont chargés d'identifier avec les populations leurs besoins en eau pour l'irrigation des terres, les animaux, la pêche en eau douce, etc. Ils connaissent très bien les problèmes et possèdent des atouts précieux (expérience technique, connaissance du terrain et des acteurs, etc.) pour assurer le bon déroulement de la démarche.

Ces porte-parole introduisent ensuite une requête qui sera analysée par un comité de techniciens. Ils étudieront la pertinence et la faisabilité des travaux demandés. Si la requête est acceptée, la construction des infrastructures hydrauliques nécessaires sera financée par le projet. Elles peuvent être de 3 types: la réalisation de bassins de rétention d'eau et le rééquipement de forages déjà existants, qui permettront d'alimenter des systèmes d'irrigation pour les cultures, d'abreuver les animaux ou de relever le niveau de certains points d'eau douce pour augmenter la pêche ; ou encore la construction de digues anti-sel, afin d'empêcher l'eau salée de contaminer l'eau de production et éviter la perte de terres agricoles. Cette stratégie de concertation systématique a été choisie car elle implique une appropriation bien plus grande de la démarche de la part de la population et correspond à un besoin réel de celle-ci.

Des résultats en cascade

Grâce aux infrastructures, les travailleurs agricoles auront un meilleur accès à l'eau productive. La production de denrées alimentaires (légumes, lait, poisson, etc.) augmentera et se diversifiera ; ce qui permettra aux familles d'avoir un régime plus varié. Tout bénéfice pour leur santé. Le surplus des récoltes pourra être vendu et donc dégager des revenus complémentaires pour subvenir à d'autres besoins comme la scolarité des enfants.

Afin de mettre un terme aux mauvaises pratiques agricoles, des ateliers de sensibilisation à l'attention de ses partenaires locaux et des populations rurales seront également organisés. Cela permettra de renforcer la durabilité des ressources nécessaires à l'agriculture.

La stabilité des productions se révèle aussi être une clé majeure dans la quête vers un revenu équitable pour chacun. Autant d'éléments qui contribue in fine à l'un des piliers des objectifs du millénaire pour le développement : « la réduction de l'extrême pauvreté et de la faim » (OMD1).