Accès à des services coordonnés de crédit et d’appui aux entreprises

Des femmes de la province de Hai Phong au Vietnam s’organisent pour fabriquer des paniers, suite à une formation en création d’entreprise fournie par le Vietnam Belgian Credit Project.

Âgée de 40 ans, Mme Le Ngoc Trang Dai se lève tous les jours à 5 heures du matin. En plus de prendre soin de sa famille, et notamment de la santé fragile de ses beaux-parents, elle s’occupe des animaux de sa ferme. Elle y élève plusieurs chèvres, qu’elle a pu acheter grâce à un prêt de 100 euros accordé sur un an par le projet belgo-vietnamien de crédit (VBCP).

Mme Le vit à Trung, une commune de la province de Tien Giang, connue pour ses cultures de fruits tropicaux. « J’achetais des fruits et je les revendais au marché, » explique-t-elle. « Mais la vente de fruits est un travail saisonnier. J’ai donc décidé d’utiliser ce prêt pour acheter des chèvres. »

Cet exemple de diversification des moyens de subsistance est une caractéristique qui se dégage de l’accès accru des gens au crédit. Les petits agriculteurs comme Mme Le doivent toujours être prêts à encaisser un choc. Un accès de grippe aviaire qui a décimé les élevages de volaille de la province en 2006 a contribué à sa décision d’élever plutôt des chèvres, en dépit de leur croissance plus lente.

Le projet VBCP a fourni des services financiers pendant plus de dix ans à des dizaines de milliers de femmes démunies ou en passe de l’être dans 17 provinces du Vietnam. Il est basé sur une approche de type Grameen selon laquelle sont constitués des petits groupes solidaires, où les individus ont accès à des crédits allant de 50 à 150 euros, qu’ils remboursent par tranches mensuelles avec intérêts.

Le programme est géré par la Vietnam Women’s Union et le taux de remboursement est excellent. Les emprunteurs apprécient beaucoup le projet, non seulement parce qu’il a un effet positif sur leur niveau de vie, mais aussi pour une raison très simple. Comme le dit Mme Le, « l’avantage de ce programme, c’est l’épargne et le remboursement mensuel, c’est plus facile pour les femmes de la campagne comme nous. » Ce sont les produits financiers adaptés, qui offrent notamment la possibilité de rembourser plus souvent, qui distinguent le projet VBCP des institutions de crédit, plus imposantes et moins flexibles.

Mme Vu Thi Lien, de la commune de Ham Hong dans la province de Nam Dinh, a acheté une machine à coudre pour fabriquer des essuie-main. Cette petite affaire lui a permis de payer la scolarité de ses enfants ainsi que de construire une toilette convenable dans sa maison. « En 1998, mon mari est décédé », explique Mme Vu, « et je n’avais pas assez d’argent pour mieux équiper ma maison. » Mais l’accès à un prêt du projet VBCP lui a donné l’opportunité de le faire. « Maintenant, j’aide mes fils à construire leur nouvelle maison, » précise-t-elle.

Dans le cadre de la dernière étape de coopération entre la Belgique et le Vietnam dans ce projet, des efforts sont consentis en vue de laisser un héritage au secteur de la microfinance au Vietnam, en créant un mécanisme de crédit de refinancement pour les institutions de microfinance durable. Grâce à l’accès accru aux services financiers, notamment ceux de crédit, d’épargne et d’assurance, des femmes comme Mme Le et Mme Vu continueront de stabiliser leurs sources de revenus, d’améliorer leurs conditions de vie et d’investir dans l’avenir de leur famille.
 

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