L’Afrique de l’Est et la culture de la banane | Conférence régionale à Kigali (juillet 2011)

La banane revêt une importance cruciale pour les pays d’Afrique de l’Est. Produit de base et particulièrement sensible, la banane est également au cœur de nombreux projets de la CTB dans la région. C’est pourquoi, début juillet 2011 à Kigali, une conférence régionale a été organisée par la CTB Rwanda et le Ministère Rwandais de l’Agriculture et des Ressources Animales afin de permettre aux différents acteurs actifs dans le domaine de partager leurs expériences et de construire des relations pour une collaboration continue dans le futur.
Des acteurs de terrain venus du Burundi, de l’Ouganda, de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et de la Tanzanie, ainsi que des chercheurs belges, les membres du secteur privé et les représentants des agriculteurs ont pu ainsi réfléchir ensemble sur la manière de faire face aux défis qui se posent à eux et proposer une série de solutions.
Par exemple, la culture de la banane occupe la majeure partie des terres arables du Rwanda et pourtant la productivité reste très faible comme le constate la Ministre rwandaise de l’Agriculture, Mme Agnès Karibata. Dès lors, selon le Professeur Patrick Tshilenge Kanana de l’Université de Kinshasa, « Il y a une opportunité pour les chercheurs de différents pays de la région de travailler en réseau pour échanger les connaissances et les bonnes pratiques afin de mieux contrôler les maladies et ravageurs des cultures qui peuvent, par ailleurs, se transmettre au-delà des frontières. »
Une visite de terrain a permis aux participants de constater les progrès significatifs dans les techniques de culture et de gestion intégrée des maladies et ravageurs de cultures au Rwanda et ce grâce à l’usage des Farmer Field School (FFS). Les FFS sont basés sur une technique d’apprentissage participative où le champ devient l’école et où les résultats positifs de l’usage de techniques améliorées peuvent être directement constatés par les agriculteurs.
Plusieurs recommandations pour le futur ont également été formulées à l’issue de cette conférence. Elles concernent notamment la désignation d’un laboratoire par pays pouvant définir les normes et assurer le contrôle phytosanitaire. Ainsi, les scientifiques pourront faire des recommandations aux gouvernements pouvant servir de base dans la formulation des politiques. De plus, les analyses et prises de décision sur la culture de la banane doivent prendre en considération non seulement le cadre agronomique mais aussi le contexte économique, les systèmes agricoles, les valeurs sociales, l’atténuation des risques et la pérennité des initiatives visant la promotion de la culture. Concernant la vulgarisation agricole, les participants à la conférence ont par ailleurs proposé que les organisations des agriculteurs ainsi le secteur privé soient impliqués d’avantage dans le processus de prestation des services.
Les agriculteurs qui ont pris part à cette conférence se sont réjouis d’avoir eu la chance d’apprendre des avancées dans le domaine agricole. « Je me sens vraiment honoré d’avoir participé à cette conférence auprès des chercheurs, investisseurs et décideurs. Je vais certainement transmettre les informations et connaissances acquises aux collègues fermiers pour améliorer davantage notre production de banane, » conclut Tuyisenge Schadrach, 42 ans, facilitateur FFS dans la Province du Nord.




