10 ans de décentralisation au Mali

En 2000, le Mali a entamé une vaste réforme de décentralisation de la gestion publique en créant des collectivités territoriales. Cette réforme avait deux objectifs principaux : l’approfondissement de la démocratie et le développement économique local.
Après 10 ans, l’heure est au bilan. Deux rencontres ont récemment porté un regard critique sur une décennie de pratique : la troisième revue annuelle sectorielle conjointe de développement institutionnel et décentralisation (14-16 juin), suivie par le forum national sur la décentralisation au Mali (27-30 juin). Plus de 600 acteurs clés venant du Mali et des pays amis y ont participé.
Le caractère irréversible de la décentralisation a été affirmé avec force au cours de ces deux réunions, et démontré par une série d’études de cas dans les secteurs de l’éducation, de la santé et, dans une moindre mesure, de l’hydraulique où compétences, ressources humaines et une part significative des moyens ont été transférés aux collectivités territoriales. Ces rencontres ont conclu en outre à la nécessité de relever le défi du pilotage politique de la réforme, afin de l’approfondir et de l’étendre à de nouveaux domaines.
La coopération belge est active dans ce secteur depuis 2002. Elle appuie le Ministère de l’administration territoriale et des collectivités locales au niveau des orientations stratégiques et politiques du processus de décentralisation et déconcentration. Anne Coppens, assistante technique CTB, a participé aux rencontres. Elle nous livre ses impressions : « La décentralisation au Mali est un acquis irréversible, qui a permis l’enracinement de la démocratie et de la perspective locale dans le paysage politique et institutionnel. Les deux rencontres ont souligné l’importance du renforcement de la déconcentration de la gestion et des services publics offerts par l’administration malienne comme élément complémentaire et indissociable à la poursuite de la réforme, la déconcentration et la décentralisation étant deux faces de la même pièce. De même, au regard du faible rythme des transferts des ressources par l’Etat, du déficit de capacités des élus, le forum s’est conclu en préconisant le renforcement du portage politique de la réforme et la promotion du développement économique régional.»

